samedi, 22 novembre 2008
Avenue de Tourville, l’expertise du chantier
Débris d’amiante friable sur le sol,
sans aucune protection,
et risques d’effondrement...
Une note de samedi dernier (« A Caen la chute de la maison Gomes ? ») vous exposait ici même la teneur de la lettre que Jean-Louis TOUZE, adjoint au maire chargé des affaires de sécurité et de la police municipale, a adressé aux riverains des immeubles à moitié démolis des 37 et 39 avenue de Tourville.
Cette lettre faisait état d’une expertise réalisée sur les lieux, et d’un courrier adressé au promoteur le 20 octobre, lui laissant un délai de réflexion d’un mois, aujourd’hui écoulé.
Nous ne connaissons pas la teneur du courrier qu’ont pu recevoir les fantomatiques dirigeants de la SARL « La Villa de Tourville » (co-gérants M. Fernando de Almeida Gomes, interdit de gérer, et M. Frank O’Kane, décédé depuis près d’un an).
Dès lors vraisemblablement sans aucun mandat pour ce faire, M. David Gomes Fils (EURL DGI Consulting pour David Gomes Immobilier C., 38 rue de Bassano 75008, RCS Paris 478129570), qui vendait naguère les belles réalisations de NEXITY à Caen (les Villas Mathilde), a néanmoins l’obligeance de représenter le « maître d’ouvrage » quand la municipalité de Caen a besoin d’un membre du clan Gomes pour aller sur le terrain constater les dégâts...
Mais si nous ne savons pas en quels termes M. TOUZE interpelle M. Gomes père pour le mettre en demeure de faire cesser les troubles graves dont il est responsable, lui et les siens, nous disposons par contre d’une copie de la fameuse expertise
(en voir ici le recto expertise Tourville 25-09-2008 p1.pdf, et là le verso expertise Tourville 25-09-2008 p2.pdf).
Savoir « s’il y a un risque d’effondrement »...
On passera sur le fait que ce texte, daté du jeudi 25 septembre 2008, parle de « trois bâtiments dont un est encore habité », quand M. GOMES a en fait acquis un immeuble, trois maisons et divers autres bâtiments et annexes, ensemble aujourd’hui composé d’un immeuble et une maison en ruines depuis le printemps 2007, ... et de deux maisons encore intactes et habitées (numéros 41 et 43).
Le constat est clair en ce qui concerne la 2ème maison: elle « est entièrement découverte sans charpente, les murs ne sont plus contreventés et présentent des risques d’effondrement ».
« Quant à l’immeuble, il n’est plus étanche à l’eau par le toit, (...) seules quelques ardoises cassées restent sur le toit. Les planches du toit sont restées mais n’assurent pas l‘étanchéité complète, de plus l’ensemble des fenêtres ont été déposées. Les planches en ossature bois vont pourrir et les murs ne seront plus contreventés, nous avons constaté des fissures sur les murs ».
... « dans les semaines à venir ».
« La structure des bâtiments partiellement déconstruits non étanche à l’eau va se détériorer dans les semaines à venir compte tenu de la mauvaise saison (pluies, gel). Nous demandons, si les bâtiments ne sont pas déconstruits avant la fin de l’année, à les rendre étanches par bâchage de l’ensemble de la couverture et la fermeture par des contre-plaqués de l’ensemble des ouvertures. »
« En aucun cas les bâtiments [ne] peuvent rester en l’état pendant plusieurs mois ».
Amiante friable en vrac, pour compléter le tableau...
Par ailleurs M. CORNUAILLE, ingénieur expert diplômé, fait d’intéressantes découvertes dans les gravats et autres poubelles abandonnés sur le chantier.
Missionné pour se prononcer sur les risques d’effondrement, c’est tout à son honneur d’y signaler la présence inacceptable de matériaux considérés comme suffisamment dangereux pour être soumis à une législation très rigoureuse en ce qui concerne leur dépose, leur stockage et leur élimination. Une législation dont des gens comme M. GOMES ne tiennent évidemment aucun compte (trop cher, sans doute!) :
« Dans le chantier des sacs de déchets amiantés sont ouverts et les plaques de couverture en amiante ciment ne sont pas enveloppées d’un sac plastique, de plus nous trouvons des morceaux cassés sur le sol, amiante ciment que je peux considérer comme polluant en tant qu’amiante friable ». (...) Il est fortement conseillé de retirer l’ensemble des plaques amiante ciment stockées sur le chantier afin d’éviter toute pollution »....
Cela fait en effet 18 mois qu’elles sont là, après démontage à la pelleteuse... Il y a même pas mal d’autorités qui semblent avoir constaté les faits, y compris lors des travaux de démolition alors entrepris par la SARL LENNUYEUX...
Il est vrai aussi que le 19 juin dernier, en présence de ses collègues Xavier LE COUTOUR, Rudy L’ORPHELIN et Jacky TOULLIER, M. Jean-Louis TOUZE affirmait aux riverains qu’il n’y avait pas le feu, ni le moindre danger.
Sans plus de commentaires.
samedi, 15 novembre 2008
A Caen la chute de la maison Gomes ?
Démolir ou bâcher ?
Je reçois aujourd’hui une copie d’un courrier adressé par Jean-Louis TOUZE, adjoint au maire, aux riverains de l’avenue de Tourville inquiets de la tournure qu’ont pris les événements aux numéros 37 et 39 de cette avenue depuis avril 2007 (date de la mise sac de l’immeuble et de la maison voisine par David et Fernando de Almeida Gomes, dont un certain nombre de sociétés sont comme on le sait en liquidation judiciaire).
Il est question dans ce courrier d’une lettre-pétition en date du 30 mars, d’une expertise indépendante (de septembre-octobre ?) concluant à des détériorations « dans les semaines à venir », et d’un courrier de la commune au propriétaire, en date du 20 octobre, pour l’aviser d’une procédure de péril ordinaire que la mairie envisage de mettre en œuvre ultérieurement (la démolition, comme toute autre intervention sur une propriété privée, ne pouvant être entreprise qu’avec l’accord de l’autorité judiciaire…).
Du 30 mars au 20 octobre 2008, il n’y a guère que 7 mois à peine… Ajoutons un mois de réflexion pour la famille Gomes, quelques semaines (ou quelques mois ?) pour saisir la juridiction compétente, et obtenir d’elle une décision… qui peut apparemment ne pas conclure à la démolition des bâtiments en question !
Tout dépend en effet de ce qu’on demande aux juges, qui, en vertu de l’adage non ultra petita, ne doivent pas accorder au plaignant plus qu’il ne demande.
Tu veux une bâche, t’auras une bâche…
Ce qui bien entendu ne servira à rien, et coûtera très cher. Surtout si c’est aux frais de la commune, compte tenu de la défaillance du promoteur…
Il y a bien sûr une autre solution, susceptible d’assurer le rayonnement de Caen sur toute la surface du globe. C’est d’inviter Christo (Vladimiroff Javacheff) à emballer l’immeuble Gomes comme il a, entre autres, emballé le Pont-Neuf en 1985 et le Reichstag (Berlin) en 1995…
Pour l’inauguration, imperméables et parapluies seront de rigueur.
Suppléments documentaires:
La lettre de J-L TOUZE:
lettre TOUZE novembre 2008 recto.pdf
lettre TOUZE novembre 2008 verso.pdf
« Aujourd’hui, nous en appelons à la responsabilité de tous ceux qui ont pour mission de faire respecter la loi. La crédibilité des autorités est en cause pour que cessent ces agissements… » (Le scandale du chantier avenue de Tourville – Blog des Verts 25/07/2007)
http://verts-caen.over-blog.com/article-6999486.html
lundi, 10 novembre 2008
Visite à la (petite) patrie du Phénix de l’université de Caen...
L’ancêtre du Phénix
est de plâtre blanc,
au pays du tuffeau...
La consultation de ce blog deviendrait vite insupportable, j’en conviens, s’il n’était possible d’y glisser de temps en temps un petit moment de récréation. Voilà pourquoi je vous invite aujourd’hui dans une (naguère) petite commune du Loir et Cher, aujourd’hui rattrapée par la péri-urbanisation. En route pour Naveil, aux portes de Vendôme (itinéraire recommandé).
Naveil, tout le monde descend...
Pour sacrifier à la sacro-sainte tradition des congés payés, dans la limite des moyens -très modestes- qui étaient les nôtres à l’époque, nous avions en juillet 1989 décidé d’aller passer une quinzaine de jours dans le Perche vendômois.
Nous voilà donc à Naveil, où une visite de courtoisie s’impose, s’agissant de la commune d’origine d’un grand-père disparu, loin de chez lui, en 1955... Rien de tel pour se mettre en condition qu’une petite promenade au coeur du village (église, mairie, écoles). En fait de coeur (de coeur de bourg, comme on dit aujourd’hui), on est ici à l’extrémité de la zone urbanisée, face aux champs et à la vallée du Loir. La commune est manifestement éclatée en une multiplicité de hameaux, entre lesquels se sont agglutinés des pavillons des années soixante. Mais voilà que, dans ce décor parfaitement banal (comme chez nous la traversée de Biéville-Beuville, pour donner un exemple), il se passe quelque chose d’incongru. De curieuses apparitions nous font signe, aux fenêtres d’un bâtiment que rien de particulier ne signale...
Etrange apparition
A l’intérieur en effet, parmi d’autres sculptures, plusieurs maquettes immaculées de notre Phénix, aujourd’hui vilainement masqué à Caen par une station du trolleybus guidé (ce TVR improprement rebaptisé tram).
Mais que font donc ici tous ces phénix, comme un autre trait d’union pour nous entre Caen et Naveil ? Que font ici tous ces chevaux, ces taureaux, ces cervidés, tous ces personnages, toutes ces formes déclinées dans les matières les plus diverses (bois, pierre, fer, cuivre, bronze, et le plâtre des maquettes...)? Quel est ce lieu si étrangement favorable à cette fantasmagorique biodiversité? Et de quel feu sacré l’oiseau fabuleux et unique s’est-il un jour extrait pour renaître?
L’atelier-musée Louis Leygue à Naveil
Nous l’apprendrons bientôt, l’esprit des lieux se nomme Louis LEYGUE (1905-1992), sculpteur et Prix de Rome 1931. Nous sommes devant son atelier, légué à la ville de Vendôme pour y accueillir une petite partie de son oeuvre (pour l’essentiel monumentale et qui ne peut donc y figurer), des études, des ébauches, des maquettes. Ce petit musée est ouvert au public : Atelier-musée Louis Leygue, rue des Venages, Naveil - 41100 Vendôme -Tél: 02 54 77 85 37 (mairie) Ouvert le jeudi de 10h à 12h et de 14h à 18h, et le samedi de 14h à 18h).
Le village de Naveil, où ses beaux-parents étaient enseignants, devient en effet dans les années 50 l’endroit où Louis LEYGUE peut se consacrer à ses recherches, depuis lors tournées pour l’essentiel vers le travail du métal.
A l’époque, il y a dans tous les villages un maréchal-ferrant, le tracteur n’ayant pas encore fait disparaître le bon vieux percheron. De la forge de Naveil, devenue l’indispensable complément de l’atelier, sortent de bien peu banales productions, comme ce Triptolème parti ensemencer le monde (1950, fer, dimensions 1,37 x 1,45 x 0,6m, 16 kg, réalisé par découpage et modelage au marteau d’une feuille de métal).

Le Phénix, et autres oeuvres...
De bronze cette fois, le Phénix a été conçu en 1953. Mais c’est en 1955 qu’il est porté aux dimensions que nous lui connaissons (hauteur 8 mètres) pour être installé devant l’Université (architecte Henry BERNARD), à laquelle manquent encore les deux ailes de Lettres et de Sciences.
C’est encore avec Henry BERNARD (auquel on doit aussi à Caen l’église St Julien, en contrebas de l’Université) qu’il participe en 1962 à la décoration du grand auditorium de la Maison de la Radio (Paris) par la réalisation de 2 vastes compositions pariétales (2 fois 10 mètres (Les bruissements de la forêt et Les rumeurs de la ville) ainsi que du soubassement des grandes orgues.
Sans nous aventurer dans une relation exhaustive de l’oeuvre, abondante et multiple, de Louis LEYGUE, auquel son ami Pierre Cruège a consacré en 2000 un livre publié aux Editions de l’Amateur (voir aussi le site http://www.louis-leygue.fr/chronologie.php), on signalera seulement sa participation en 1938-1939 à la décoration intérieure de la nouvelle ambassade de France à Ottawa, aux côtés de GROMAIRE et de Charles-Edouard PINSON, autre artiste très présent à Caen (Université, Chambre de Commerce, etc.).
http://www.ambafrance-ca.org/galerie/genese/artistes/leyg...
http://www.ambafrance-ca.org/galerie/genese/artistes/pins...
http://www.ambafrance-ca.org/galerie/genese/artistes/grom...
Signalons encore le Monument aux déportés de l’Ain (1949, bord du lac à Nantua), et le Cavalier tombé, oeuvre de 1945, agrandie et fondue en 1985 pour prendre place devant l’Hôtel de Ville de Vendôme.
Redonner au Phénix la place qu’il mérite...
Vingt ans après notre première visite à Naveil, cela fait maintenant six ans qu’à Caen une station de notre prétendu « tram » (mis en service fin 2002) masque vilainement l’oeuvre de LEYGUE, dont la plus grande réussite est sans doute de s’être imposée depuis 50 ans comme un symbole et un repère « naturel » dans la ville. Il serait instructif de faire le recensement de ses « produits dérivés », de 1957 à nos jours (le restaurant universitaire, par exemple, utilisait dans les années 60 des assiettes siglées à son image). On se donne par ailleurs rendez-vous « au Phénix », pas à Jeanne d’Arc, à Louis XIV ou Du Guesclin. Et si on ignore souvent à qui on doit cette sculpture, si familière qu’elle pourrait être dépourvue de tout auteur strictement défini (comme ces chansons traditionnelles dont la popularité même a relégué l’auteur dans l’anonymat), il est par contre bien établi pour tout le monde qu’on ne la doit pas au ciseau de Jean-Claude DECAUX, lequel fait le beau métier de vendre du temps de cerveau disponible sur sanisettes et autres éléments de mobilier urbain...
Je n’ai rien contre les abribus Decaux, assez sobres, publicité et automates de billetterie mis à part. Mais je trouve inconvenant qu’on ait barré la perspective entre le château et l’université en exhibant une station de « tram », et en cachant le Phénix derrière. La platitude d’une fontaine en béton quadrangulaire et surdimensionnée, sur l’esplanade de la Paix côté château, n’a par ailleurs rien arrangé...
Alors, de grâce mesdames messieurs les décideurs, trouvez-nous les quelques milliers d’euros nécessaires pour installer le Phénix dans un endroit digne de lui, à l’autre extrémité de la pelouse par exemple...
18:11 Publié dans Du bonheur dans les épinards... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : phénix, louis leygue, naveil, caen, jean-claude decaux





